Prospérité, puissance et pauvreté : Pourquoi certains pays réussissent tandis que d'autres échouent by Daron Acemoglu

Résumé audio par StoryShots

Une reine a détruit une machine à tricoter pour empêcher le progrès.

Volontairement.

Introduction

Un pays pauvre ne l'est pas par malchance.

Il l'est parce que ceux qui détiennent le pouvoir ont choisi qu'il en soit ainsi.

C'est la thèse dérangeante de Prospérité, puissance et pauvreté : Pourquoi certains pays réussissent tandis que d'autres échouent, de Daron Acemoglu, écrit avec James Robinson, et elle bouleverse tout ce que vous croyiez savoir sur les inégalités mondiales.

La géographie et la culture n'expliquent rien.

Postez-vous à la frontière qui coupe Nogales en deux, une ville à cheval sur l'Arizona et le Sonora mexicain.

Rien ne change dans le paysage.

Même désert, même climat, souvent la même famille élargie séparée par une clôture.

Pourtant un côté prospère et l'autre stagne.

Les explications habituelles, climat, culture, dirigeants incompétents, s'effondrent devant un autre exemple encore plus frappant.

La Corée du Nord et la Corée du Sud partageaient la même langue et le même territoire jusqu'en 1945.

Aujourd'hui, l'écart de niveau de vie entre elles compte parmi les plus grands au monde.

Ce que cela révèle, c'est que les dirigeants de pays pauvres savent souvent très bien ce qui créerait la richesse.

Ils le refusent quand même, parce qu'un peuple prospère est un peuple plus difficile à contrôler.

Un mauvais gouvernement n'est presque jamais une erreur.

C'est un choix rentable pour ceux qui le dirigent.

Si votre pays a déjà attribué son retard à la météo ou à son histoire, cette excuse ne tient plus.

Institutions inclusives contre institutions extractives.

Les institutions inclusives permettent à n'importe qui de posséder un bien, de lancer une entreprise, de défier les puissants installés.

Les institutions extractives font l'inverse: elles siphonnent la richesse vers le haut et blindent la position de ceux qui l'ont déjà.

Jusque-là, rien de compliqué.

Ce qui l'est davantage, c'est qu'un système extractif peut produire une croissance bien réelle, pendant longtemps.

L'Union soviétique a affiché des décennies de croissance rapide sous un contrôle central total, avant de s'effondrer complètement dans les années 1970.

Une usine qui tourne à plein régime sous une dictature ressemble à s'y méprendre à une usine qui tourne à plein régime sous une démocratie.

Jusqu'au jour où ce n'est plus le cas.

Une croissance extractive peut donc simuler la prospérité pendant des générations, sans qu'aucun indicateur ne prévienne du moment où elle s'arrête net.

Pourquoi les élites sabotent leur propre pays.

Voici le mécanisme derrière cette panne annoncée.

Une croissance durable exige une destruction créatrice permanente: des entreprises nouvelles qui remplacent les anciennes, des technologies qui rendent des métiers entiers obsolètes.

Les élites détestent ce processus, car il menace leur pouvoir autant que leur fortune.

Au seizième siècle, l'inventeur anglais William Lee présente à la reine Elisabeth Première une machine capable de fabriquer des bas en série.

Elle refuse de lui accorder un brevet, de peur que les tricoteurs à la main ne perdent leur emploi et ne menacent son trône.

La machine, et toute la croissance qu'elle aurait pu libérer, disparaît pour des générations.

Les élites extractives ne sont pas stupides.

Elles sont parfaitement rationnelles, et c'est précisément cette rationalité qui les pousse à étouffer le progrès plutôt qu'à le laisser les emporter.

Une croissance sans destruction créatrice n'est pas une prospérité au ralenti.

C'est un compte à rebours déjà lancé.

Si cette manière de penser la richesse et la pauvreté des nations vous a marqué, une personne autour de vous qui s'intéresse à l'économie ou à la politique appréciera sûrement cette lecture.

Résumé final.

Ce résumé de Prospérité, puissance et pauvreté : Pourquoi certains pays réussissent tandis que d'autres échouent relie trois fils: l'échec des explications géographiques et culturelles, la fracture entre institutions inclusives et extractives, et le sabotage délibéré du progrès par des élites qui protègent leur trône plutôt que leur peuple.

Reste à comprendre comment les sociétés brisent réellement ces cercles vicieux, ce que les auteurs appellent les moments critiques, de la peste noire à la Glorieuse Révolution anglaise, et pourquoi les révolutions étroites échouent en remplaçant simplement une élite par une autre.

Quiconque s'interroge sur l'efficacité de l'aide internationale, sur le succès inattendu du Botswana, ou sur la durabilité du modèle chinois trouvera là des réponses essentielles.

Pour le résumé complet de Prospérité, puissance et pauvreté par Daron Acemoglu, avec l'infographie et la vidéo animée, direction l'application StoryShots.